Changer: la question des Valeurs…

Dans nos sociétés en manque de repères, la question des « Valeurs » est régulièrement à l’ordre du jour: recherche de sens, quête de spiritualité, d’accomplissement, trouver sa place dans le monde,… le fond de la question repose finalement sur l’aspiration à retrouver une relative unité entre le monde qui nous entoure et nous-mêmes.

Or, notre vision du monde est largement conditionnée par les forces qui nous animent, notre éducation, notre culture, etc…: la grille de lecture n’est (apparemment) pas universelle.

Les valeurs seraient-elles propres à chaque individu? Sans aller jusque là, il semble que notre système de valeurs, la hiérarchie de ces dernières soit largement conditionnés par des normes extérieures: normes éthiques ou morales d’un groupe d’individus, normes individuelles ou collectives, normes sociales, religieuses, etc…

Nos valeurs seraient, finalement, imbriquées telles des poupées russes: une grosse poupée en contenant une autre, puis une autre, …

Pour tenter un définition (provisoirement…), on pourrait dire que c’est ce qui nous pousse à agir d’une manière plutôt que d’une autre face à une situation donnée.

Nos valeurs changent-elles avec le temps?

Il est difficile d’être catégorique dans la réponse. Mon expérience personnelle, confortée par les divers cas que j’ai pu rencontrer, me pousserait à dire que, si les valeurs de fond ne changent pas, leur hiérarchie va évoluer au fur et à mesure de nos propres expériences.

Un chef d’entreprise de mes amis disait récemment: « Je n’ai plus de problème de gestion du temps depuis que j’ai fait un AVC. Longtemps, mon travail primait sur tout le reste. Mes journées débutaient à 7 h 00 et je les terminais régulièrement à 20h00. Après cet événement, j’ai pris conscience que ma vie, mes enfants, mon épouse étaient beaucoup plus précieux pour moi que mon travail et ma réussite sociale. J’ai donc décidé de leur accorder la priorité absolue« .

Mais un même système de valeurs peut également induire des comportements différents. Les valeurs ne constituent pas le seul système référent à partir duquel nous passons à l’acte.

Nos croyances (que nous évoquerons plus loin) sont également un levier puissant, à partir duquel nous allons interpréter les situations. Par exemple, l’un de mes amis me racontait récemment qu’une dispute l’avait opposé à sa compagne lorsqu’il lui a dit, de manière très calme et sans agressivité, ce qu’il n’aimait pas chez elle et ce qu’il trouvait trop éloigné de sa philosophie de vie.

Il n’a pas compris la réaction de son épouse: « …si je te dis tout çà, lui a-t-il répondu, c’est par ce que je crois qu’au sein d’un couple il est important de se dire les choses telles qu’on les perçoit. C’est donner la chance à l’autre de changer avant que la relation se dégrade durablement ».

Et sa femme de répondre; »…si tu m’aimais vraiment, si tu me respectais, tu ne me balancerais pas tes soi-disant vérités au visage« .

…et celle des croyances.

Il ne s’agit pas ici d’évoquer les croyances religieuses, mais bien des idées ancrées en nous qui vont, au fil des ans, constituer le prisme au travers duquel nous voyons et interprétons notre monde.

On peut, même s’il en existe d’autres, évoquer trois grandes familles de croyances:

  • Les croyances sur la vie: la vie est injuste, il faut lutter pour se faire une place, la vie est belle,…
  • Les croyances sur autrui: les patrons sont des profiteurs, les femmes sont fragiles, les Français sont des râleurs,…
  • Les croyances sur soi:je suis le plus fort, je suis nul, je n’y arriverai jamais, je suis timide,…

En tant que telles, elles ne revêtent ni un caractère négatif, ni un caractère positif.

Pour s’inscrire dans une démarche de progrès, il est importe de se défaire de l’habitude de juger comme « positive » ou « négative » telle ou telle croyance, telle ou telle pensée induite par nos croyances. D’une manière générale, il est toujours possible des les qualifier d' »utile » ou « inutile« .

Inutile ou inutile à quoi, me demande-t-on souvent? Eh bien à vous!

Utile ou pas pour atteindre votre objectif. Utile ou pas à votre progression. Utile ou pas à la relation. Etc…

Si elles sont utiles, gardez-les, si elles ne le sont pas… jetez-les!

Enfin, les croyances peuvent-être tour à tour « aidantes » ou « freinantes » selon les circonstances. Savoir prendre du recul face aux événements est un réflexe particulièrement intéressant dans tous les cas. Connaissez-vous l’histoire du paysan chinois qui avait un seul fils?

« Ce paysan, vivait dans une province fort reculée et vivait en paix du fruit de son travail. Un jour, son cheval, unique richesse, s’enfuit dans la forêt. Ses voisins, attristés, vinrent le soutenir:

  • mon pauvre ami, c’est terrible, comment vas-tu rentrer ta récolte… c’est un vrai drame!

Il répondit:  » Peut-être que oui, peut-être pas… »

Le jour suivant, le cheval revint accompagné d’un magnifique étalon et tous deux s’installèrent dans l’enclos. Ses voisins, heureux pour lui, revinrent le féliciter:

  • Tu en as de la chance, c’est une vraie bénédiction!

Le paysan de répondre:  » Peut-être que oui, peut-être pas… »

Le fils entreprit de le dresser. Malheureusement, dès le premier jour, il tomba se fractura la jambe et en garda des séquelles irréversibles. Les voisins de le plaindre à nouveau:

  • Le sort s’acharne sur toi! Tu ne pourras jamais rentrer ta récolte à temps, c’est une catastrophe!

 » Peut-être que oui, peut-être pas… »

Quelque temps après, l’armée de l’empereur s’installa dans le village. Elle venait recruter tous les jeunes gens valides en âge de se battre. Tous les hommes jeunes du village furent enrôlés…sauf celui de notre fermier, jugé inapte au service. Les villageois revinrent voir le fermier et de dire:

  • Les dieux sont avec toi, le malheur arrivé à ton fils t’a finalement protégé et tu le garderas auprès de toi pour t »aider aux travaux de la ferme. Tu as vraiment beaucoup de chance!

 » Peut-être que oui, peut-être pas…« ….

Changer nos croyances…?

Il n’est pas toujours aisé de modifier notre environnement, de faire changer les gens de notre entourage afin qu’ils correspondent à nos attentes, à l’idée que nous nous faisons du monde.

Par contre, nous avons TOUJOURS la possibilité de porter un autre regard sur eux. Il n’appartient qu’à nous d’accepter nos croyances ou de ne pas les accepter, il nous est toujours possible de rejeter les idées induites par ces croyances:

« Je pense que tous les employeurs sont des exploiteurs, c’est même pas la peine de demander une augmentation à mon patron…« : assurément, c’est la meilleure manière de ne pas l’obtenir.

Nous pouvons aussi, choisir de changer d’environnement, de ville, de quartier, d’entreprise… mais seulement après avoir essayé de changer soi-même, sans quoi nous emportons dans nos bagages croyances aidantes et… croyances boulets!

Savez-vous où vous en êtes…?

Je vous suggère l’approche pratique suivante pour entamer votre propre changement.

  1. Votre diagnostic personnel: Décrivez des situations, des activités récentes ou pas, dans lesquelles vous avez dû mobiliser vos ressources personnelles. En regard de chaque binôme « situation/ressource mobilisée », notez les capacités auxquelles vous avez fait appel. (Par exemple, pour les ressources: intellectuelles, physiques, d’engagement, de mimétisme, … Pour les capacités: capacité d’apprendre, de progresser, de réfléchir, de me dépasser,…)
  2. Faites le point: Quelles ressources vous ont-elles permis de devenir celui que vous êtes aujourd’hui? Quels ont été vos succès *? Quelles sont vos valeurs fondamentales (vie privée ou professionnelle)? Quelles croyances sont associées à ces valeurs? En quoi sont elles aidantes ou pas? Quels éléments ai-je envie de faire évoluer (valeurs, croyances, association valeurs/croyances)? (*Notez TOUS vos succès: apprendre à marcher, à parler, à écrire, décrocher un examen, un emploi, rencontrer votre conjoint,…ils sont nombreux!)
  3. Engagez-vous: Reprenez la liste ci-dessus, demandez-vous en quoi vos valeurs, croyances,… vous seront utiles pour atteindre vos objectifs. Renforcez les croyances qui vous structurent, vous aident à vous aimer. Identifiez clairement celles qui vous affaiblissent et vous empêchent d’avancer et remplacez-les par des croyances qui vous boosteront!
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