Un article paru dans la revue Sciences Humaines fait état des résultats étonnants du Pr. L. Schacter, de l’université américaine de Harvard.
Dans ses récents travaux, cet éminent psychologue s’est intéressé à la façon dont nous reconstruisons les souvenirs du passé. Il en ressort que le cerveau ne mémorise pas comme un ordinateur. Il n’y aurait, selon le professeur Schacter, aucun « stockage » réel des événements auxquels nous assistons pour une restitution ultérieure. Il s’agirait plutôt d’un travail de sélection, de transformation puis de recomposition des données au moment où nous faisons appel à notre mémoire.

Les expériences conduites dans les laboratoires de recherche ont mis en évidence ce travail et démontré que nos souvenirs peuvent parfois s’avérer erronés ou déformés. Par exemple, après l’attaque du 11 Septembre 2011, des psychologues ont étudié sur plusieurs centaines de personnes la manière dont elles se rappelaient cette journée, quelques jours après les faits.

Ils ont à nouveau interrogé ces témoins un an plus tard: ils ont relevé que 37% des faits avaient été changés. En 2014, 50% des détails avaient changé…!

Aucun d’entre eux, bien sûr, ne pensait que leur mémoire avait été à ce point modifiée…

La science a pu également établir que, parfois, il est possible de fabriquer de faux souvenirs, comme ces personnes qui croient avoir assisté à un accident alors qu’on le leur a seulement raconté.

De quoi s’interroger sur le témoignage humain et l’utilisation qui en est faite…

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