Motivez vos équipes!

La science de la motivation propose bien des modèles, plus ou moins farfelus, il faut bien le reconnaître, afin de développer la motivation des salariés en entreprise. S’il ne s’agit pas de prendre pour argent comptant toutes les supposées recettes miracles, il en est qui, bien que controversées, méritent qu’on s’y attarde un peu…

Car, au fond, de quoi s’agit-il ?

En fait, rien de plus que de la recherche de la rentabilité (c’est la raison d’être de toute entreprise) tout en respectant et en favorisant le bien être des acteurs dont elle dépend: les salariés.

Je vous ai déjà parlé, à l’occasion d’un précédent article de l’intérêt de susciter la motivation interne, plutôt de vouloir à tout prix entretenir les vieilles recettes du management et des RH dont on a pu depuis des années mesurer l’obsolescence.

Un pas vers le rêve de Fourier!

Le journal « Les Echos » publiait sur son édition web du 9 Avril 2015 une longue réflexion sur le thème de l’entreprise libérée.

Popularisé par Isaac Getz en 2009, le terme « entreprise libérée » suscite la curiosité des entrepreneurs. Faut-il croire en ce concept ? L’engouement pour l’entreprise libérée continue de croître notamment depuis la diffusion du film Le Bonheur au Travail sur Arte en février 2015.

Mais qu’est-ce donc qu’une entreprise libérée?

Le concept semble pouvoir s’appliquer à tous les secteurs d’activité: De production ou de services, toutes peuvent prétendre à la libération.

Les caractéristiques communes relevées dans ces structures « socialement innovantes » sont les suivants:

  • Un leader charismatique et humble. Son objectif prioritaire: permettre à ses employés de donner du sens à ce qu’ils font. Le bonheur au travail passe aussi par la compréhension de la finalité du travail lui-même et de sa propre importance au sein de l’organisation.
  • Un partage des valeurs. Les chartes et autres codes déontologiques n’ont pas leur place au sein de ces entreprises si leur mise en oeuvre n’est pas lisible au quotidien. Les valeurs sont les clés de la construction d’une communauté largement intégratrice.
  • L’alliance du bien-être et des intérêts de l’entreprise. Un salarié heureux et motivé selon ses propres besoins est plus productif et soucieux de la santé de la structure qui l’emploie.
  • Une autonomie réelle. Ce qui n’empêche pas le pilotage! Chaque employé est autonome dans ses objectifs et ses décisions tant qu’ils restent compatibles avec la vision du dirigeant.
  • La disparition programmée des lourdes procédures de contrôle. Longues, fastidieuses et coûteuses, elles présentent plus aucun intérêt dès lors que l’intérêt commun est le même que l’intérêt collectif.
  • La conversion du regard hiérarchique. Les équipes décident elles-mêmes des évolutions du personnel, des embauches, etc… sous le regard bienveillant du dirigeant qui se contente d’introduire des éléments qui auraient pu échapper à ses salariés. C’est la fin des structures verticales et pyramidales…
  • Un principe de subsidiarité. Chaque équipe étant autonome et centre de décisions, les structures (et les cadres!) intermédiaires sont donc inutiles.

Ce modèle est-il applicable en France ?

La France est un pays de planification : on aime concevoir avant d’agir. Il y a même ceux qui conçoivent d’un côté et ceux qui agissent de l’autre. Les cols blancs et les cols bleus. Le bureau d’études et la production. La direction marketing et la direction commerciale.

Dans l’entreprise libérée, « on fait en allant » dit Jean-François Zobrist, ex-dirigeant de FAVI. On essaie. On peut se tromper. On avance à tâtons. Il n’y a pas de plan, on s’adapte en fonction des opportunités. La France est le pays de la hiérarchie. On fonctionne par cercle concentrique autour du centre du pouvoir. La France a rédigé toutes ses constitutions sur le modèle de l’Église Catholique hyper-hiérarchisée.

La bonne question est donc: quel dirigeant, quel salarié êtes-vous…?

Car in fine, de quoi s’agit-il…? rien d’autre qu’une tentative de conciliation de la raison économique et de la légitime aspiration des individus à une vie porteuse de sens…même au travail!

N’oubliez pas que le changement ne dépend que de VOUS ! Vous pouvez choisir le statu quo (mais alors, pourquoi le résultat serait-il différent de ce que vous connaissez déjà?) ou bien décider du modèle que vous voulez pour vous-même et pour vos collaborateurs. Les illustrations qu’un autre voie est possible ne manquent pas… alors, que décidez-vous ?

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